Agriculture biologique : Différence entre versions

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== Bibliographie ==
 
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* pdf [http://www.c3ed.uvsq.fr/cdgecorev/fr/pdf/pleniere/Requier%20Desjardins.pdf] A. Carimentrand et D. Requier-Desjardins : Stratégie de qualification des produits, des filière et des territoires, commerce international & intégration Nord-Sud : Le cas des filières agroalimentaires biologiques et équitables en Amérique Latine, Colloque Intégrations régionales et Stratégies de Développement (RINOS/CEIM), Montréal, 2-4 juin 2005.
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* pdf [www.ceim.uqam.ca/pdf/RINOS/Atelier4/desjardins.doc] A. Carimentrand et D. Requier-Desjardins : Stratégie de qualification des produits, des filière et des territoires, commerce international & intégration Nord-Sud : Le cas des filières agroalimentaires biologiques et équitables en Amérique Latine, Colloque Intégrations régionales et Stratégies de Développement (RINOS/CEIM), Montréal, 2-4 juin 2005.
  
 
* pdf [http://www.eclm.fr/fileadmin/administration/pdf_livre/335QuelCommerceEquitablePourDemain.pdf] V. Bisaillon, C. Gendron, A. Palma-Torres et al., : Quel commerce équitable pour demain ?, Editions Charles Léopold Mayer, 2009
 
* pdf [http://www.eclm.fr/fileadmin/administration/pdf_livre/335QuelCommerceEquitablePourDemain.pdf] V. Bisaillon, C. Gendron, A. Palma-Torres et al., : Quel commerce équitable pour demain ?, Editions Charles Léopold Mayer, 2009

Version actuelle datée du 15 novembre 2012 à 11:43



L’agriculture biologique est souvent définie techniquement comme un système de production agricole basé sur le respect du vivant et des cycles naturels, qui gère de façon globale la production en favorisant l'agrosystème mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques. Mais il s'agit aussi d'une pratique et d'un mouvement qui ont des conséquences, non seulement écologiques, mais aussi sociales et économiques. Cet article de Solecopedia s'attache plus à ces derniers points plutôt qu'à définir les aspects techniques de l'agriculture biologique.

Définition

Selon la définition de la Fédération Internationale des Mouvements de l’Agriculture Biologique (IFOAM),

l’agriculture biologique englobe tous les systèmes d’agriculture qui font la promotion d’une production d’aliments ou de fibres environnementalement, socialement et économiquement saines. Ces systèmes s’attachent à considérer la fertilité du sol comme la clé d’une bonne production. En respectant les besoins et les exigences des plantes des plantes, des animaux et du paysage, ils visent à améliorer la qualité de l’agriculture et de l’environnement, dans tous leurs aspects. L’agriculture biologique réduit considérablement les intrants en se refusant à utiliser des produits chimiques de synthèse : engrais, pesticides et produits pharmaceutiques. Au contraire, elle permet aux puissantes lois de la nature d’améliorer à la fois les rendements et la résistance aux maladies.

Pour la Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique (France), membre d'IFOAM,

l'agriculture biologique est un mode de production agricole fondé sur un ensemble de techniques complexes excluant l’utilisation de produits chimiques de synthèse et s'appuyant essentiellement sur l'exploitation des ressources naturelles du milieu.

L'agriculture biologique dans le monde

En 2009, plus de 37,5 millions d'hectares étaient cultivés en agriculture biologique.

Surface cultivée bio par continent (en millions d'hectares)
Amérique du Nord Amérique du Sud Europe Afrique Asie Océanie
2,7 8,6 9,5 1,0 3,6 12,2

En 2007, cette surface était de 31 millions d'hectares.

Surface cultivée bio par continent (en millions d'hectares)
Amérique du Nord Amérique du Sud Europe Afrique Asie Océanie
2,2 5,8 6,9 0,9 2,9 11,8

On observe la part non négligeable de l'Amérique du Sud dans la production biologique. Celle-ci est largement destinée à l'exportation vers les pays du Nord, Europe, Amérique du Nord et Japon.

Agriculture biologique et certification

Cahiers des charges techniques

Le marché au niveau des produits issus de l'agriculture biologique est confronté à des centaines de cahiers des charges privés et de règlements gouvernementaux, à divers systèmes d’accréditation et à deux normes internationales :

  • Les règles de l’IFOAM (Règles de base IFOAM pour la production et la transformation en agriculture biologique,

établies en 1980 et mises à jour régulièrement)

  • Les règles du Codex Alimentarius sur l'agriculture biologique (CAC/GL 32-1999, Directives concernant la production, la transformation, l’étiquetage et la commercialisation des aliments issus de l’agriculture biologique).

Les produits biologiques relèvent donc d’une labellisation à la fois publique et privée. Ces deux normes peuvent servir de base pour l’élaboration de standards nationaux mais ne sont pas utilisées comme référence pour la certification.

Pour ce qui est de la labellisation publique, en 2003 37 pays disposaient de réglementations officielles, 8 autres avaient mis partiellement en place des réglementations et 15 pays avaient des réglementations en projet. Toutefois certaines réglementations publiques, comme celles mises en place par l’Union européenne en 1991 et 1992 (Règlement CEE n°2092/91) ou les Etats-Unis en 2003 (Organic Foods Production Act of USA), ont tendance à servir de référence au niveau international, compte tenu de l’importance du marché des produits bio dans ces zones.

Systèmes de Garantie Participatifs

De nombreux mouvements de l'agriculture biologique défendent une vision sociale de l'agriculture biologique. Dans cette optique, les objectifs sanitaires et écologiques de l'agriculture biologique ne sont pas découplés des objectifs humains. L'agriculture biologique est perçue comme une agriculture fournissant de l'emploi (elle est intensive en main d'oeuvre), et reposant sur l'organisation de familles et de groupements collectifs (coopératives de producteurs, GIE, etc.)

Plusieurs de ces mouvements ont mis au point des systèmes de garantie participatifs en agriculture biologique, notamment en France (Nature et Progrès), au Brésil (Ecovida), et dans d'autres pays. Ces systèmes obéissent à un des modes de certification différents de la certification formelle accréditée par les Etats, mais leur efficacité n'en est pas nécessairement moindre. Voir l'article sur les systèmes de garantie participatifs (à créer).

Agriculture biologique, marché et productivisme

L'agriculture biologique est aujourd'hui confrontée au défi du productivisme de deux façons :

  • L'opinion selon laquelle l'agriculture biologique est moins productive que l'agriculture intensive est très répandue. Pourtant, des études objectives montre que cette opinion est largement erronée. L'agriculture intensive épuise et contamine les sols et les nappes phréatiques, et demande des investissement financiers importants. L'agriculture biologique ne présente pas ces inconvénients. Elle repose non seulement sur les savoirs traditionnels, mais aussi sur l'innovation sociale et la recherche-développement. Celle-ci bénéficie, quantitativement, de beaucoup moins d'appui en agriculture biologique qu'en agriculture conventionnelle.
  • Le succès de l'agriculture biologique sur les marchés des pays d'Europe, d'Amérique du Nord et de la partie de l'Asie la plus aisée a poussé le développement du commerce international de produits de l'agriculture biologique (en provenance notamment d'Amérique latine). Les filières de l’agriculture biologique se sont allongées, et de grands opérateurs de la distribution et de la transformation sont apparus dans ce secteur. Les filières courtes (vente directe, approvisionnements direct des magasins spécialisés) ont tendance à être supplantées par des filières faisant appel à des acteurs intermédiaires à l’échelle régionale (plate-formes régionales de groupage des produits), nationale (grossistes, centrales d’achat des GMS) ou internationale (import-export).

Une Conférence internationale de ONU/FAO de mai 2007, sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire Rome, 3 - 5 mai 2007 ([1]) a conclu qu'à l'échelle mondiale, l’agriculture biologique, si elle est soutenue par une volonté politique, peut :

  • contribuer à la sécurité alimentaire, dont celle des pays riches également menacés par la crise des énergies fossiles, les changements climatiques et certaines faiblesses de la chaîne alimentaire ;
  • atténuer les impacts de nouveaux problèmes, tels les changements climatiques, grâce à une fixation améliorée du carbone du sol et une meilleure résilience ;
  • renforcer la sécurité hydrique, par exemple la qualité de l’eau, de moindres besoins en irrigation, la restauration humique du sol, de meilleurs rendements en cas de stress hydrique dû aux aléas climatiques ;
  • protéger l’agrobiodiversité, et en garantir un usage durable ;
  • renforcer la suffisance nutritionnelle, par la diversification accrue des aliments biologiques ;
  • stimuler le développement rural, notamment dans des zones où le seul choix est la main d’œuvre, grâce aux ressources et savoirs locaux.

Le Président de la Conférence a souhaité la constitution d'un réseau international de recherche et de vulgarisation en faveur de l'agriculture biologique et des sciences agroécologiques, en estimant que plus d'argent et moyens publics devraient y être consacrés. Il estime aussi que les mêmes règles devraient être appliquées à tous.

Toutefois, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a fait le point sur la confusion entretenue sur cette conférence et la position de la FAO. En effet, s'il constate que l'agriculture biologique peut contribuer à la lutte contre la faim dans le monde, il n'en reste pas moins que selon lui, seule l'utilisation de produits phytosanitaires chimiques ou de synthèse, de manière judicieuse, est à même de la combattre (Communiqué de presse de la FAO).

Agriculture biologique et commerce équitable

Aujourd'hui, l’agriculture biologique s’organise majoritairement autour du respect de cahiers des charges portant sur des aspects techniques et administratifs de la production et de la transformation des produits agricoles. Le mouvement social du commerce équitable, quant à lui, continue, à revêtir une forte dimension éthique, reposant principalement sur la création de liens entre consommateurs solidaires du Nord et producteurs défavorisés du Sud. Cependant, une partie du mouvement de l'agriculture biologique continue à revendiquer sa dimension sociale, sur les 5 continents, se réclament aussi d'une agriculture familiale, tandis qu'une tension est perceptible dans le mouvement du commerce équitable entre la pression mise sur les producteurs pour respecter les cahiers des charges établis par les agences de certification privées, et la relation de solidarité existant entre producteurs et consommateurs.


Ces tensions parallèles font se retrouver des acteurs de l'"éthique dans le commerce" et de l'agriculture biologique autour de réflexions communes sur les systèmes de garantie participatifs en agriculture biologique (voir plus haut).


Bibliographie

  • pdf [www.ceim.uqam.ca/pdf/RINOS/Atelier4/desjardins.doc] A. Carimentrand et D. Requier-Desjardins : Stratégie de qualification des produits, des filière et des territoires, commerce international & intégration Nord-Sud : Le cas des filières agroalimentaires biologiques et équitables en Amérique Latine, Colloque Intégrations régionales et Stratégies de Développement (RINOS/CEIM), Montréal, 2-4 juin 2005.
  • pdf [2] V. Bisaillon, C. Gendron, A. Palma-Torres et al., : Quel commerce équitable pour demain ?, Editions Charles Léopold Mayer, 2009
  • Matthieu Calame, "Une agriculture pour le XXIe siècle, Manifeste pour une agronomie biologique", Éditions Charles Léopold Mayer, 2007 :

http://docs.eclm.fr/pdf_livre/320UneAgriculturePourLeXXISiecle.pdf

Liens

  • IFOAM, Fédération Internationale des Mouvements de l’Agriculture Biologique
  • FNAB et portail, Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique des Régions (France)