Bien-être

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Utilisation

Le terme de bien-être est habituellement utilisé pour décrire ce qui est ultimement bon pour une personne. La question de savoir en quoi il consiste est d‘une grande importance pour de nombreuses disciplines telles que l‘économie, la philosophie et la psychologie. Le bien-être est associé à deux notions centrales : la qualité de vie et le bonheur. On l‘apparente également aux concepts de liberté, de droits humains et de progrès social.

Evaluation

Lorsqu‘on évalue le bien-être général d‘individus ou de sociétés, on fait souvent référence à la qualité de vie. Celle-ci peut être utilisée dans de nombreux contextes, y compris dans celui du développement international, des soins de santé et de la science politique. La qualité de vie ne doit pas être confondue avec le concept de niveau de vie, qui est basé principalement sur le revenu. Au contraire, les indicateurs de qualité de vie incluent la santé (physique et mentale), l‘emploi, l‘éducation, le temps libre et l‘appartenance sociale.

Alors que la qualité de vie a longtemps été un objectif politique implicite ou explicite, sa définition ainsi que la méthode adéquate pour l‘évaluer sont insaisissables. Divers indicateurs « objectifs » et « subjectifs » ainsi que des travaux récents sur le bien-être et la psychologie du bonheur ont relancé l‘intérêt à son sujet. Toutefois, on ne donne généralement pas la priorité à la mesure du bien-être, étant donné qu‘il est subjectif et difficile à évaluer. Il a également été prouvé que le bonheur, dans la mesure où il peut être mesuré, n‘augmente pas forcément lorsque le revenu augmente. Par conséquent, le niveau de vie ne doit pas être considéré comme une mesure du bonheur. Au 19e siècle, les économistes pensaient que le bonheur, qu‘ils nommaient alors utilité, pouvait être mesuré. Au cours des années 1950, cette vue fut quasiment abandonnée par les économistes néoclassiques mais refait aujourd‘hui surface. En effet, ces dernières décennies, certains économistes et psychologues se sont penchés sur les sentiments, cherchant ce qui rendait les gens heureux. Largement ignorés par l‘économie néoclassique, les connaissances émergentes sont très importantes dans le domaine de l‘étude de la satisfaction des besoins et des désirs humains. Plusieurs pays et organisations internationales étudient de nos jours la divergence entre la croissance économique et le bien-être. Des études empiriques relèvent qu‗une croissance du revenu n‘entraîne pas forcément une amélioration de la qualité de vie et du bien-être d‘une société. Malgré la croissance économique, les inégalités sociales et de revenus ne cessent d‘augmenter, en même temps que de nouvelles pauvretés et exclusions sociales apparaissent. Par conséquent, le capital et la cohésion sociale sont affaiblis, entraînant des crimes, de la violence et diminuant ainsi la satisfaction générale de la population.

Repenser la croissance et le bien-être

Ces phénomènes socio-économiques remettent en question la connexion entre la croissance économique et le bien-être. Que nous dit le PIB à propos des mesures du bien-être ? Le PIB n‘inclut pas les composants positifs du bien-être (capital social, consommation sociale et culturelle, etc.) mais comptabilise certains composants ayant un impact négatif sur celui-ci (pollution, inégalités, etc.) Par conséquent, les indicateurs économiques sont de bien faibles mesures du bien-être. Le besoin de mieux évaluer le bien-être individuel et collectif a poussé les chercheurs à se détourner du PIB pour se focaliser sur des mesures alternatives (tels que l‘Indice de développement humain, l‘Indice de bien-être soutenable ou l‘Indicateur de progrès véritable), tant au niveau macro- qu‘au niveau micro-.

Exemples de nouveaux indicateurs de bien-être :

Les comptes nationaux de bien-être (New Economics Foundation) utilisent les données détaillées d‘études issues de 22 pays européens étudiant le bien-être social et individuel. Le bien-être personnel décrit les sensations positives et négatives, le niveau de satisfaction, de vitalité, de résilience, d‘estime de soi et le sentiment qu‘ont les gens d‘avoir un objectif. Le bien-être social, lui, est constitué de deux composants principaux : les relations de soutien et le sentiment de confiance et d‘appartenance.

L‘index de bien-être humain (Prescott-Allen, IUCN) est une tentative de dépasser certaines des limites du PIB et de l‘Index de Développement Humain en tant que mesures du bien-être national. Son objectif principal est d‘être l‘un des composants d‘un indicateur du bien-être s‘intéressant aux problématiques de soutenabilité et de « bien-être » des écosystèmes. Il est composé de cinq domaines : la santé et la population ; la richesse ; la connaissance et la culture ; la communauté ; l‘équité.

Le Happy Planet Index (New Economics Foundation) fut élaboré pour servir d‘alternative à des indices de développement nationaux bien établis tels que le PIB ou le HDI qui sont critiqués pour ne pas prendre en compte le concept de soutenabilité. La valeur du HPI de chaque pays est fonction de la satisfaction de vie moyenne des habitants, de l‘espérance de vie à la naissance et de l‘empreinte écologique par habitant.

Exemples de programmes intégrant le bien-être : Le rapport Stiglitz de 2009, qui préconise de mesurer le bien-être en parallèle avec la croissance. Ce rapport vient s‘ajouter à la littérature traitant des indicateurs économiques du bien-être et du progrès social et s‘inscrit dans la lignée de pionniers tels que Hazel Henderson et Herman Daly. Selon Stiglitz, « le PIB a de plus en plus été utilisé comme une mesure de bien-être sociétal, toutefois des changements sociétaux ainsi qu’économiques l’ont rendu de plus en plus obsolète ; beaucoup de choses importantes aux yeux des individus ne sont pas inclues dans le PIB. » Les universitaires recommandent d‘inclure certains autres facteurs tels que la soutenabilité et l‘éducation.

L‘initiative « Au-delà du PIB » (Commission européenne, Parlement européen, Club de Rome, OCDE, WWF) qui tente d‘améliorer l‘évaluation du progrès, de la richesse et du bien-être. En août 2009, la commission européenne publia sa Communication « Le PIB et au-delà : mesurer le progrès dans un monde changeant ». Celle-ci expose les grandes lignes du programme de l‘UE et décrit cinq actions-clés pour améliorer nos indicateurs de progrès dans un sens qui soit en accord avec les préoccupations des citoyens et profitent au maximum des nouvelles techniques et des développements politiques.

Références:

  • Costanza, R. et. al. (2008) ―An Integrative Approach to Quality of Life Measurement, Research and Policy‖. S.A.P.I.EN.S. 1 (1)
  • Layard R. (2005) Happiness: Lessons from a New Science. London. Penguin. April 2006. ISBN 978-0141016900.