Capital social

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La notion de capital social s'inscrit dans la théorie des capitaux. Elle vise à rendre compte de la valeur des réseaux sociaux.


Définitions

Le capital social est une des trois formes de capitaux identifiés par le sociologue Pierre Bourdieu, avec le capital naturel et le capital économique. Selon Bourdieu, le capital social mesure l'ensemble des ressources qui sont liées à la « possession d'un réseau durable de relations d'interconnaissance et d'inter-reconnaissance ».

Pour John Montgomery, le capital social est la capacité des personnes à coopérer et à agir ensemble pour venir à bout de problèmes d’action collective et parvenir à des objectifs communs (John Montgomery, 1997)

Le capital social dans la finance solidaire

Travaux du chantier FinSol du PSES (Ben Quiñones & Sunimal Fernando)

Les spécialistes en sciences sociales définissent le « capital social » de manières diverses, bien que corrélatives. Une approche consiste à définir le capital social comme la capacité des personnes à coopérer et à agir ensemble pour venir à bout de problèmes d’action collective et parvenir à des objectifs communs (John Montgomery, 1997). C’est cette définition que le Chantier Finance Solidaire (FinSol) du Pôle de Socio-Economie Solidaire a adopté en avril 2001, et qui, depuis, est devenue partie intégrante de la littérature de FinSol.

La Banque mondiale considère que le « capital social fait référence à des institutions, relations et normes qui façonnent la qualité et la quantité des interactions sociales d’une société ». Elle pense que « de plus en plus de preuves montrent que la cohésion sociale est cruciale pour que les sociétés prospèrent sur le plan économique et pour que le développement soit durable. Le capital social ne se résume pas à la somme des institutions qui font une société – il est le ciment qui les unit.” (cf. www.worldbank.org/poverty/scapital)

Le capital social peut également être interprété comme le stock accumulé de coopération à un moment donné, et qui, quand on l’utilise, fait émerger ou facilite l’interaction sociale, les liens sociaux et les arrangements sociaux (Danny Unger, 1998 : Dr Worms, 2002). À mesure que les interactions sociales s’intensifient et que liens sociaux et les arrangements sociaux s’améliorent et se diversifient, le capital social augmente. Inversement, le capital social diminue quand l’interaction sociale est supprimée, ce qui engendre la désintégration des liens sociaux et la pétrification des arrangements sociaux. Cette perspective permet aux chercheurs et aux analystes de traiter le capital social exactement de la même manière que le capital humain ou financier, c’est-à-dire comme une ressource de développement qui peut s’accroître, diminuer ou être totalement consommée.

Le capital social peut être observé empiriquement sous la forme de groupes coopératifs et cohésifs stables (Unger, 1998) ou de réseaux denses de groupes sociaux (Robert Putnam, 1993) à l’intérieur desquels les individus peuvent parvenir à des compromis et développer une compréhension partagée de problèmes communs. Putnam propose que des réseaux denses de groupes sociaux facilitent la coopération à la poursuite de buts communs de plusieurs manières : ils favorisent la récurrence d’entreprises coopératives et la construction de liens entre des acteurs de différentes activités ; ils inculquent des normes de réciprocité ; ils améliorent les flux d’informations et ils établissent des compréhensions communes de cadres à l’intérieur desquels la collaboration peut prendre place. Comme les groupes d’individus ou les réseaux de groupes ne révèlent que les caractéristiques des processus de coopération couronnés de succès et dissimulent ceux qui ont échoué, le capital social à un moment donné est le registre fossile d’efforts passés, couronnés de succès, pour institutionnaliser une coopération en cours (Danny Unger, 1998)

Ce cadre conceptuel part de l’hypothèse que le capital social créé par une communauté peut être réinvesti par un groupe de personnes appartenant à cette communauté en une action collective visant à atteindre certains objectifs. Plus particulièrement, cet article avance l’hypothèse de ce que le capital social d’une communauté peut être utilisé par un groupe spécifique de personnes appartenant à une communauté, par les pauvres, par exemple, pour établir et mettre en œuvre la finance solidaire.