Transition énergétique

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Article issu du Lexicommon

Définition succinte

La transition énergétique est un processus impliquant de repenser « la conception même des systèmes énergétiques<ref>Bernard Laponche (tribune), À quand la transition énergétique ?, Libération, 8/04/2011, disponible sur le site de Global Chance : http://www.global-chance.org/spip.php?article237</ref>» en faisant appel à un ensemble de solutions : diversification des sources d'énergie (camaïeu énergétique), réduction de la consommation, efficacité énergétique et réduction des émissions de CO2 <ref>ou « transition carbone », par le contrôle au sein du mix énergétique, le captage et le stockage de CO2</ref>.

La transition énergétique désigne ainsi le passage d’un modèle énergétique basé, pour une large majorité, sur les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), à un nouveau paradigme dans lequel les énergies non carbonées et notamment renouvelables, deviendront dominantes.

Outre l’épuisement des ressources fossiles <ref>le peak oil, le pic pétrolier aurait déjà été atteint en 2006 pour les pétroles conventionnels selon l’Agence Internationale de l'Energie (AIE), World Energy Outlook 2010, 736 pages, et ce face à une « consommation mondiale d’énergies primaires [qui] était de 12,2 milliards de TEP (tonne équivalent pétrole), se partageant en 87% d’énergies de stock (dont 33% pétrole, 27% charbon, 21% gaz naturel, 6% uranium) et 13% d’énergies de flux (10% [biomasse->97], 3% hydraulique, éolien, solaire, géothermie) », Bernard Laponche, Op. cit.</ref>, et pour certains, les risques que comportent le nucléaire, la question de la transition se fonde sur l’idée d’une apogée de notre modèle de civilisation et du risque de déclin inéluctable <ref>Howard T. Odum et Elisabeth C. Odum, 2008, A Prosperous Way Down: Principles and Policies, University Press of Colorado, 2001 (1ère édition), 348 p.</ref> voire d’un « effondrement <ref>à savoir une « une réduction drastique de la population humaine et/ou de la complexité politique/économique/sociale, sur une zone étendue et une durée importante », cf. Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Paris, Gallimard, Collection « NRF Essais », 2006, p.15.</ref> », englobant celui de la biodiversité et le réchauffement climatique.

Elle appelle une relocalisation de la question de l’énergie : « Le système centralisé et pyramidal laisse la place à une économie énergétique où le local, à l’échelle des territoires, devient prépondérant puisque c’est absolument partout (pays riches et pays pauvres, villes et milieu rural) que l’on peut développer économies d’énergie et énergies renouvelables. Et c’est d’ailleurs dans cette application locale des deux démarches, imbriquées et complémentaires, que va se réaliser la véritable transition énergétique qui sera également sociale et politique <ref>cf. Bernard Laponche, Op. Cit.</ref>». Elle suppose ainsi, un véritable choix de société, une « affaire de citoyens » selon l’expression de B. Dessus et H. Gassin <ref>Benjamin Dessus & Hélène Gassin, So watt ? L’énergie : une affaire de citoyens, Editions de l’Aube, La Tour-d’Aigues, 2005 ; ou comme l’explique Bernard Laponche : « D’un système pyramidal du producteur au consommateur (qui n’a qu’à payer sa facture), on passera à un système bâti sur le citoyen responsable, consommateur-producteur, acteur majeur de la transition énergétique, substituant un réseau horizontal et interactif au réseau de haut en bas du paradigme traditionnel » cf. Bernard Laponche, Op. cit.</ref>.