Éducation populaire

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L'éducation populaire est un courant d'idées et de pratique qui milite pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient.

Elle se définit souvent, mais pas nécessairement, en complément des actions de l'enseignement formel. C'est une éducation qui reconnaît à chacun la volonté et la capacité de progresser et de se développer, à tous les âges de la vie. Elle ne se limite pas à la diffusion de la culture académique ni même à l'art au sens large, mais également aux sciences, aux techniques, aux sports et aux activités ludiques, etc.

En Belgique francophone, l'éducation populaire est souvent désignée par le terme éducation permanente. Elle n'est pas à confondre avec une formation professionnelle continue.

Les valeurs de l'éducation populaire

L'éducation populaire est identifiée par tout projet de démocratisation de l'accès aux savoirs, de diffusion de la connaissance au plus grand nombre. Former des citoyens actifs et responsables par une pédagogie adaptée favorisant la créativité est la finalité de l'éducation populaire. L'éducation populaire est un moyen et une méthode de l'éducation à la citoyenneté. Elle reconnaît et associe une dimension humaniste de développement de l'individu (selon son parcours de vie, son environnement) et une dimension politique d'émancipation (place de l'individu dans la société).

Historique et fondements de l'éducation populaire en France

1. La naissance de l'éducation populaire sous la Révolution

La déclaration de Condorcet à l'Assemblée nationale en avril 1792 donne à l'éducation une finalité démocratique et jette les bases de l'Éducation populaire. Elle se veut être un projet social, une ambition d'émancipation du peuple par le savoir pour instaurer une société nouvelle. Le rapport de Condorcet, intitulé «l'organisation générale de l'instruction publique», est une reconnaissance de la finalité civique de l'éducation, «l'instruction permet d'établir une égalité de fait et de rendre l'égalité politique reconnue par la loi».

2. L'apogée de l'éducation populaire dans la deuxième moitié du XIX ème siècle

Jean Macé fonde en 1866 la Ligue de l'Enseignement. De 1875 à 1900, il s'agit pour les laïques d'instruire le peuple en vue d'une citoyenneté républicaine, pour les catholiques de l'instruire pour restaurer ou instaurer un nouvel ordre chrétien. L'apogée de l'éducation populaire est liée à l'affaire Dreyfus et au sentiment d'une république en danger, menacée tant par l'armée que par l'Eglise. Toute une partie de la classe intellectuelle pense que le salut viendra du peuple et qu'il faut alors l'éduquer au plus vite. Les Universités populaires sont le moyen privilégié choisi pour y parvenir . De 1899 à 1908, des Universités populaires se créent dans toute la France et accueillent plus de 50000 auditeurs entre 1901 et 1902.

3. La retombée au début du XX ème siècle

Des difficultés financières et pédagogiques, des divergences idéologiques au sein des associations et une retombée de la passion soulevée par l'affaire Dreyfus entraînent une retombée de l'éducation populaire. L'échec le plus marquant reste le but non atteint par les Universités populaires : atteindre le plus grand nombre aux cours et conférences. Les Universités populaires ont marqué de façon significative l'histoire de l'éducation populaire.

4. En 1936, le renouveau de l'idée d'éducation populaire sous le Front Populaire

Il s'agit d'instaurer le loisir populaire pour construire une société «saine et heureuse» (Léo Lagrange). Le Front Populaire marque un début de reconnaissance par l'Etat de certaines associations d'éducation populaire, comme les Auberges de la Jeunesse.

5. Durant la deuxième guerre

Dans les maquis de la résistance (et dans le prolongement de l'Ecole des Cadres d'Uriage), la rencontre entre les catholiques, protestants, francs-maçons et militants syndicaux est à l'origine de la naissance d'importants mouvements d'éducation populaire. Sous le régime de Vichy, un système d'agrément et de subvention ainsi qu'une Direction des Mouvements de Jeunesse et de l'éducation populaire sont mis en place. C'est depuis ce moment que l'éducation populaire est sous la tutelle de «Jeunesse et sports».

6. A la libération

Il s'agit de « former le peuple à une culture militante pour renforcer une république progressiste en lutte contre les forces réactionnaires et les puissances d'argent « (Dumazedier) et de «créer des loisirs sains et éducatifs pour mener à bien l'immense ouvre de rénovation nationale» (Revue L'action laïque, 1950). Un corps officiel d'instructeurs spécialisés, recruté parmi des militants de l'époque, est institué par Jean Guéhenno, chargé de la Direction des mouvements de jeunesse et d'éducation populaire.

7. A partir des années 1960-1970

De nouvelles Universités populaires réapparaissent. La notion d'éducation populaire évolue par rapport au renouveau de celle d'éducation permanente (loi de 1971) et à l'apparition de celle d'animation socio-culturelle à la fin des années 1960. Liée à une professionnalisation massive dans le domaine, l'animation socio-culturelle est issue des mouvements d'éducation populaire. Professionnels de l'animation côtoient désormais les bénévoles de l'éducation populaire. 1968 marque un tournant dans l'histoire de l'éducation populaire. L'expression d'une exigence forte de transformation sociale ne sera pourtant pas suivie des faits. Le corps de «Conseiller d'Education Populaire et de Jeunesse» (CEPJ) est institué en 1985. Les fonctionnaires d'Etat en question exercent des actions de formation, de conseil et d'expérimentation et de recherche en étroite relation avec les acteurs de l'éducation populaire. Dans les années 1990, on comptait en France 40 Universités populaires pour environ 45000 adhérents