Biens communs : Différence entre versions

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== Définition  ==
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Les biens communs sont les ressources utilisées et gérées en commun par les personnes en accord avec les règles régissant la communauté de manière à prévenir l’atteinte à, l’utilisation excessive et la privatisation des ressources. Dans la théorie économique conventionnelle, les biens communs font référence à des ressources possédées de manière collective. Cela peut tout inclure depuis l’utilisation de la terre à la santé, la biodiversité ou les logiciels. Le processus par lequel les biens communs sont transformés en propriété privée est souvent appelé une « [[enclosure]] ».
  
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Les biens communs ont été définis traditionnellement comme les éléments de l'environnement - forêts, atmosphère, ressources halieutiques ou pâturages - que nous partageons tous. Ce sont les aspects tangibles et intangibles de l'environnement qu'aucun de nous ne possède mais que tout le monde apprécie. 
  
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Il existe cependant d’autres conceptions des biens communs. Aujourd'hui, on parle aussi de biens communs dans la sphère culturelle. Les biens communs dans cette sphère incluent la littérature, la musique, les arts du spectacle, les arts visuels, le design, les films, la vidéo, la télévision, la radio, etc.. Les biens communs  peuvent inclure aussi des 'biens publics’ tel que l'espace public, l’éducation publique, la santé et les infrastructures qui permettent à notre société de fonctionner (l'électricité ou les systèmes de distribution d’eau, par exemple). On parle aussi des « life commons » (biens communs liés à la vie) - le génome humain qui fait de nous une espèce unique. Même si un gouvernement central peut  en être le 'gestionanire', nous pouvons dire avec réalisme que nous en avons hérités et que les personnes n’ont fait que les confier au gouvernement en place pour elles et les futures générations. 
  
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Les biens communs peuvent également inclure le domaine des relations humaines, notre besoin de sécurité, la confiance, la coopération, l’intellect partagé, etc. Ce sont là des aspects liés à la culture que notre société partage et prône pour un meilleur fonctionnement de la communauté. 
  
== Partager l’idée de « biens communs » ==
 
  
Les biens communs recouvrent un vaste ensemble d’éléments qui vont des biens immatériels ou matériels à l’idée même de leur partage. Leurs caractéristiques varient. La connaissance, les créations de l’esprit ne souffrent pas de la rareté. L’eau, la terre cultivable, les semences, l’air, …etc, eux nous sont comptés. Les notions telles que le bien-être, les monnaies, l’éducation, la justice, …etc, sont aussi à leur manière des biens communs. C’est dans le projet de leur partage, nécessairement à la fois équitable et efficace qu’ils se rejoignent.
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== Caractéristiques des biens communs ==
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Nous pouvons identifier plusieurs caractéristiques importantes pour décrire les biens communs. La première est que les biens communs ne peuvent être transformés en commodity - s’ils le sont, ils cessent d’être des biens communs. Le deuxième aspect est que, bien qu’ils ne soient ni publics ni privés, ils ont tendance à être gérés par la communauté, au niveau local ou global. Cependant ils ne peuvent pas être entourés de frontières, sinon ils se transforment en propriété privée. Le troisième aspect des biens communs est que, à la différence d’autres ressources, ils ne sont pas rares mais abondants. En fait, s’ils sont gérés correctement, ils contribuent à vaincre la rareté.  
  
Ce partage se conjugue à la fois au présent et au futur. Qu’il s’agisse d’un pâturage exploité par une communauté au 16ième siècle, ou de permettre l’accès de tous à la connaissance aujourd’hui, la vocation des biens communs, c’est de créer de la richesse sous toutes ses formes pour assurer le développement et la vie de la communauté maintenant et pour l’avenir.
 
  
Ce mode de partage est aussi une manière de coopérer. À la différence du commerce, il nous ouvre une autre vision de l’économie. C’est lorsque les citoyens s’associent aux décisions qui les concernent, qu’ils inventent des formes d’autogestion de leurs ressources, qu’on peut parler de récupération des biens communs. La lutte contre le grignotage permanent des biens, des connaissances ou des créations par le marché, est une expérience. Elle a des dimensions qui relèvent de la création du social, de l’économie et de la politique, peut-être du poétique.
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== Défense des biens communs ==
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La [[tragédie des biens communs]] (the tragedy of commons) fait référence à un dilemme décrit dans un article influent, du même intitulé, rédigé par Garrett Hardin et publié pour la première fois dans la revue Science en 1968. L'article décrit une situation dans laquelle de multiples individus, agissant de manière indépendante, et ne consultant uniquement et rationnellement que leur propre intérêt, en arriveront à épuiser une ressource limitée et partagée, même s’il est clair que ce n'est dans l’intérêt d’aucune d’entre elles que cela puisse se passer sur le long terme.
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Contrargument: le mythe de la [[tragédie des biens communs]], la tragédie des anti-biens communs.  
  
Les licences libres ont fleuries ces dernières années. La plus connue du public est sans conteste le bouquet de licences Creative Commons. Elles permettent de traduire dans des mécanismes simples et faciles à utiliser, les règles de droits et de propriété que nous voulons attacher à nos productions immatérielles. Elles ont été créées par les mouvements sociaux pour apporter une alternative à l’expansion de la privatisation dans les domaines de la création, de la recherche, l’innovation. Ce principe s’étend progressivement à différentes sphères de la production humaine. Ces alternatives concrètes démontrent que loin de supprimer la possibilité d’échange et de création, l’autogestion des biens communs est source de richesse et d’équité.
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Le manifeste pour la récupération des biens communs, élaboré lors du dernier Forum Social Mondial (Belem – Brésil – 2009), a été signé par près de 1100 personnes et 50 organisations en quelques mois sans même avoir été porté par aucune campagne véritablement structurée.  
 
 
La connaissance sur les biens communs s’accumule, savante ou pratique, sur les mécanismes, sur les règles de fonctionnement traduites dans le droit, dans les pratiques sociales, dans les cultures et avec des visions de plus en plus partagées.
 
 
 
Finalement, c’est ce mouvement qu’il serait utile de partager car l’expression “biens communs” est de plus en plus courante. Mais pour beaucoup d’entre nous, elle ouvre la boite de Pandore. Matériel, immatériels, idées, notions, que sont-ils et que ne sont-ils pas ? Doivent-ils être gratuits sinon, quelles valeurs doit-on leur attribuer ? et comment peuvent-ils être gérés s’ils ne sont la propriété de personnes identifiées ? Ces questions se posent personnes, aux militants qui découvrent les biens communs alors que pour d’autres, elles sont largement étudiées.
 
 
 
Les usages créent parfois des confusions. Celle entre le « bien » (vs le mal) et les « biens communs » en est une. Si on veut des biens communs, c’est parfois sous prétexte du Bien de l’humanité. Le souci moral, éthique, de nos responsabilités pour aujourd’hui ou pour demain, ne revient-il pas à justifier par un argument d’autorité que la responsabilité des biens communs ne peut être placée entre toutes les mains, et donc entre les mains de tous ? N’y a-t-il pas là un moyen pour les dominants de conserver le monopole des décisions qui pèsent sur le mode de vie de tous ?
 
  
On rencontre aussi une confusion entre gratuité et liberté. Même lorsqu’ils sont gratuits, comme les logiciels libres, les biens communs ne sont pas les biens de tous et de personnes. Ils appartiennent à des collectifs situés dans des échelles d’espace et de temps variables. Dans le cas du logiciel libre, les communautés de développeurs et d’utilisateurs sont exemplaires. C’est pourquoi il est possible et nécessaire de revendiquer l’autogestion des biens communs. Celle-ci doit inventer ses formes dans un mouvement permanent qui se nourrie de l’expérience.
 
  
Faire éclore et grandir l’idée des biens communs au cœur de la société, c’est rien moins que politiser et démocratiser l’économie et permettre aux citoyens de (re)conquérir une part de sa puissance sociale. La “récupération des biens communs” est une lutte pour que le terme « Biens communs » trouve sa place dans l’imaginaire collectif.
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== Liens externes ==
 
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*[http://bienscommuns.org/signature/appel/?lang=fr, Campagne Pour la Récupération des Biens Communs]
Le manifeste pour la récupération des biens communs, élaboré lors du dernier Forum Social Mondial (Belem – Brésil – 2009), a été signé par près de 1100 personnes et 50 organisations en quelques mois sans même avoir été porté par aucune campagne véritablement structurée.  
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*article: Gouvernance environnementale de [http://fr.coredem.info/wiki/Gouvernance_environnementale#_note-0, WikiCoredem]
  
 
[[en:Commons]] [[pt:Bens comuns]] [[es:Bienes comunes]]
 
[[en:Commons]] [[pt:Bens comuns]] [[es:Bienes comunes]]

Version actuelle datée du 16 novembre 2012 à 12:11



Définition

Les biens communs sont les ressources utilisées et gérées en commun par les personnes en accord avec les règles régissant la communauté de manière à prévenir l’atteinte à, l’utilisation excessive et la privatisation des ressources. Dans la théorie économique conventionnelle, les biens communs font référence à des ressources possédées de manière collective. Cela peut tout inclure depuis l’utilisation de la terre à la santé, la biodiversité ou les logiciels. Le processus par lequel les biens communs sont transformés en propriété privée est souvent appelé une « enclosure ».

Les biens communs ont été définis traditionnellement comme les éléments de l'environnement - forêts, atmosphère, ressources halieutiques ou pâturages - que nous partageons tous. Ce sont les aspects tangibles et intangibles de l'environnement qu'aucun de nous ne possède mais que tout le monde apprécie.

Il existe cependant d’autres conceptions des biens communs. Aujourd'hui, on parle aussi de biens communs dans la sphère culturelle. Les biens communs dans cette sphère incluent la littérature, la musique, les arts du spectacle, les arts visuels, le design, les films, la vidéo, la télévision, la radio, etc.. Les biens communs peuvent inclure aussi des 'biens publics’ tel que l'espace public, l’éducation publique, la santé et les infrastructures qui permettent à notre société de fonctionner (l'électricité ou les systèmes de distribution d’eau, par exemple). On parle aussi des « life commons » (biens communs liés à la vie) - le génome humain qui fait de nous une espèce unique. Même si un gouvernement central peut en être le 'gestionanire', nous pouvons dire avec réalisme que nous en avons hérités et que les personnes n’ont fait que les confier au gouvernement en place pour elles et les futures générations.

Les biens communs peuvent également inclure le domaine des relations humaines, notre besoin de sécurité, la confiance, la coopération, l’intellect partagé, etc. Ce sont là des aspects liés à la culture que notre société partage et prône pour un meilleur fonctionnement de la communauté.


Caractéristiques des biens communs

Nous pouvons identifier plusieurs caractéristiques importantes pour décrire les biens communs. La première est que les biens communs ne peuvent être transformés en commodity - s’ils le sont, ils cessent d’être des biens communs. Le deuxième aspect est que, bien qu’ils ne soient ni publics ni privés, ils ont tendance à être gérés par la communauté, au niveau local ou global. Cependant ils ne peuvent pas être entourés de frontières, sinon ils se transforment en propriété privée. Le troisième aspect des biens communs est que, à la différence d’autres ressources, ils ne sont pas rares mais abondants. En fait, s’ils sont gérés correctement, ils contribuent à vaincre la rareté.


Défense des biens communs

La tragédie des biens communs (the tragedy of commons) fait référence à un dilemme décrit dans un article influent, du même intitulé, rédigé par Garrett Hardin et publié pour la première fois dans la revue Science en 1968. L'article décrit une situation dans laquelle de multiples individus, agissant de manière indépendante, et ne consultant uniquement et rationnellement que leur propre intérêt, en arriveront à épuiser une ressource limitée et partagée, même s’il est clair que ce n'est dans l’intérêt d’aucune d’entre elles que cela puisse se passer sur le long terme.

Contrargument: le mythe de la tragédie des biens communs, la tragédie des anti-biens communs.

Le manifeste pour la récupération des biens communs, élaboré lors du dernier Forum Social Mondial (Belem – Brésil – 2009), a été signé par près de 1100 personnes et 50 organisations en quelques mois sans même avoir été porté par aucune campagne véritablement structurée.


Liens externes