Biens communs : Différence entre versions

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Biens Communs — Commons — Bens comuns — Bienes comunes
 
A world wide initiative presented at World Social Forum 2009 in Belèm (Brazil)
 
  
Twitter / ReclaimCommons
 
« Cartes libres et citoyennes à Brest
 
AMACCA, les AMAP culturelles »
 
Pour une Journée Mondiale des Biens Communs
 
  
Le manifeste pour la récupération des biens communs, élaboré lors du dernier Forum Social Mondial (Belem – Brésil – 2009), a été signé par près de 1100 personnes et 50 organisations en quelques mois sans même avoir été porté par aucune campagne véritablement structurée. Maintenant se pose la question de passer à l’acte, de se donner un horizon commun, de faire mouvement pour que cette idée participe plus à la transformation de nos sociétés.
 
  
Cet horizon, je proposerai qu’il prenne la forme d’une journée mondiale pour les biens communs dont la première édition pourrait se tenir le 15 octobre 2010*.
 
  
ENGLISH RESUME
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== Partager l’idée de « biens communs » ==
The Manifesto Reclaim The Commons, launched at the last World Social Forum (Belem – Brazil – 2009) has been signed by nearly 1,100 people and 50 organizations without any structured campaign. Now it is time for action, for sharing an horizon and involve this idea in a process of transformation of our societies. I suggest to imagine the first World Day for Commons as one of the point of this horizon. The first edition of this day could be held October 15, 2010*.
 
  
Partager l’idée de « biens communs ».
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Les biens communs recouvrent un vaste ensemble d’éléments qui vont des biens immatériels ou matériels à l’idée même de leur partage. Leurs caractéristiques varient. La connaissance, les créations de l’esprit ne souffrent pas de la rareté. L’eau, la terre cultivable, les semences, l’air, …etc, eux nous sont comptés. Les notions telles que le bien-être, les monnaies, l’éducation, la justice, …etc, sont aussi à leur manière des biens communs. C’est dans le projet de leur partage, nécessairement à la fois équitable et efficace qu’ils se rejoignent.
 
 
Les biens communs recouvrent un vaste ensemble d’éléments qui vont des biens immatériels ou matériels à l’idée même de leur partage**. Leurs caractéristiques varient. La connaissance, les créations de l’esprit ne souffrent pas de la rareté. L’eau, la terre cultivable, les semences, l’air, …etc, eux nous sont comptés. Les notions telles que le bien-être, les monnaies, l’éducation, la justice, …etc, sont aussi à leur manière des biens communs. C’est dans le projet de leur partage, nécessairement à la fois équitable et efficace qu’ils se rejoignent.
 
  
 
Ce partage se conjugue à la fois au présent et au futur. Qu’il s’agisse d’un pâturage exploité par une communauté au 16ième siècle, ou de permettre l’accès de tous à la connaissance aujourd’hui, la vocation des biens communs, c’est de créer de la richesse sous toutes ses formes pour assurer le développement et la vie de la communauté maintenant et pour l’avenir.
 
Ce partage se conjugue à la fois au présent et au futur. Qu’il s’agisse d’un pâturage exploité par une communauté au 16ième siècle, ou de permettre l’accès de tous à la connaissance aujourd’hui, la vocation des biens communs, c’est de créer de la richesse sous toutes ses formes pour assurer le développement et la vie de la communauté maintenant et pour l’avenir.
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Faire éclore et grandir l’idée des biens communs au cœur de la société, c’est rien moins que politiser et démocratiser l’économie et permettre aux citoyens de (re)conquérir une part de sa puissance sociale. La “récupération des biens communs” est une lutte pour que le terme « Biens communs » trouve sa place dans l’imaginaire collectif.
 
Faire éclore et grandir l’idée des biens communs au cœur de la société, c’est rien moins que politiser et démocratiser l’économie et permettre aux citoyens de (re)conquérir une part de sa puissance sociale. La “récupération des biens communs” est une lutte pour que le terme « Biens communs » trouve sa place dans l’imaginaire collectif.
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Le manifeste pour la récupération des biens communs, élaboré lors du dernier Forum Social Mondial (Belem – Brésil – 2009), a été signé par près de 1100 personnes et 50 organisations en quelques mois sans même avoir été porté par aucune campagne véritablement structurée.
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[[en:Commons]] [[pt:Bens comuns]] [[es:Bienes comunes]]
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[[Category:Concept]] [[Category:ESS]] [[Category:EE]]

Version du 3 février 2010 à 01:46



Partager l’idée de « biens communs »

Les biens communs recouvrent un vaste ensemble d’éléments qui vont des biens immatériels ou matériels à l’idée même de leur partage. Leurs caractéristiques varient. La connaissance, les créations de l’esprit ne souffrent pas de la rareté. L’eau, la terre cultivable, les semences, l’air, …etc, eux nous sont comptés. Les notions telles que le bien-être, les monnaies, l’éducation, la justice, …etc, sont aussi à leur manière des biens communs. C’est dans le projet de leur partage, nécessairement à la fois équitable et efficace qu’ils se rejoignent.

Ce partage se conjugue à la fois au présent et au futur. Qu’il s’agisse d’un pâturage exploité par une communauté au 16ième siècle, ou de permettre l’accès de tous à la connaissance aujourd’hui, la vocation des biens communs, c’est de créer de la richesse sous toutes ses formes pour assurer le développement et la vie de la communauté maintenant et pour l’avenir.

Ce mode de partage est aussi une manière de coopérer. À la différence du commerce, il nous ouvre une autre vision de l’économie. C’est lorsque les citoyens s’associent aux décisions qui les concernent, qu’ils inventent des formes d’autogestion de leurs ressources, qu’on peut parler de récupération des biens communs. La lutte contre le grignotage permanent des biens, des connaissances ou des créations par le marché, est une expérience. Elle a des dimensions qui relèvent de la création du social, de l’économie et de la politique, peut-être du poétique.

Les licences libres ont fleuries ces dernières années. La plus connue du public est sans conteste le bouquet de licences Creative Commons. Elles permettent de traduire dans des mécanismes simples et faciles à utiliser, les règles de droits et de propriété que nous voulons attacher à nos productions immatérielles. Elles ont été créées par les mouvements sociaux pour apporter une alternative à l’expansion de la privatisation dans les domaines de la création, de la recherche, l’innovation. Ce principe s’étend progressivement à différentes sphères de la production humaine. Ces alternatives concrètes démontrent que loin de supprimer la possibilité d’échange et de création, l’autogestion des biens communs est source de richesse et d’équité.

La connaissance sur les biens communs s’accumule, savante ou pratique, sur les mécanismes, sur les règles de fonctionnement traduites dans le droit, dans les pratiques sociales, dans les cultures et avec des visions de plus en plus partagées.

Finalement, c’est ce mouvement qu’il serait utile de partager car l’expression “biens communs” est de plus en plus courante. Mais pour beaucoup d’entre nous, elle ouvre la boite de Pandore. Matériel, immatériels, idées, notions, que sont-ils et que ne sont-ils pas ? Doivent-ils être gratuits sinon, quelles valeurs doit-on leur attribuer ? et comment peuvent-ils être gérés s’ils ne sont la propriété de personnes identifiées ? Ces questions se posent personnes, aux militants qui découvrent les biens communs alors que pour d’autres, elles sont largement étudiées.

Les usages créent parfois des confusions. Celle entre le « bien » (vs le mal) et les « biens communs » en est une. Si on veut des biens communs, c’est parfois sous prétexte du Bien de l’humanité. Le souci moral, éthique, de nos responsabilités pour aujourd’hui ou pour demain, ne revient-il pas à justifier par un argument d’autorité que la responsabilité des biens communs ne peut être placée entre toutes les mains, et donc entre les mains de tous ? N’y a-t-il pas là un moyen pour les dominants de conserver le monopole des décisions qui pèsent sur le mode de vie de tous ?

On rencontre aussi une confusion entre gratuité et liberté. Même lorsqu’ils sont gratuits, comme les logiciels libres, les biens communs ne sont pas les biens de tous et de personnes. Ils appartiennent à des collectifs situés dans des échelles d’espace et de temps variables. Dans le cas du logiciel libre, les communautés de développeurs et d’utilisateurs sont exemplaires. C’est pourquoi il est possible et nécessaire de revendiquer l’autogestion des biens communs. Celle-ci doit inventer ses formes dans un mouvement permanent qui se nourrie de l’expérience.

Faire éclore et grandir l’idée des biens communs au cœur de la société, c’est rien moins que politiser et démocratiser l’économie et permettre aux citoyens de (re)conquérir une part de sa puissance sociale. La “récupération des biens communs” est une lutte pour que le terme « Biens communs » trouve sa place dans l’imaginaire collectif.

Le manifeste pour la récupération des biens communs, élaboré lors du dernier Forum Social Mondial (Belem – Brésil – 2009), a été signé par près de 1100 personnes et 50 organisations en quelques mois sans même avoir été porté par aucune campagne véritablement structurée.